Sur la route d'Antigua

Janvier 2017, Dufour 455, 6 personnes

15 Janvier 2017 Marina du Marin

C’est pendant une belle soirée « d’hiver » que le nouvel équipage de Monfreid se rejoint. Le lieu de rendez-vous est au « Kokoarum », il s’agit d’un bar situé au bout des pontons de la marina. Véritable repère des skippers et autres tourdumondistes. Ce soir c’est mercredi et le mercredi c’est « buff » au « Koko ». Tout le monde est invité à jouer de la musique et le rhum coule à flot. Demain nous prendrons tous ensemble la route d’Antigua.
Présentations faites, je peux briefer l’équipage sur le déroulement de la journée du lendemain. Au programme : avitaillement, vérifications du voilier, inventaire, clearance à la douane et topo sécurité. Notre verre finit, nous nous dirigeons vers le bateau. La plupart de ces gens viennent d’atterrir après un long vol, et le décalage horaire n’aide pas. Après avoir choisi les cabines nous nous donnons rendez-vous a 7h30 pour le petit-déjeuner.

16 Janvier 2017 Marina du marin

Une fois le petit-déjeuner pris, nous nous divisons en deux équipes. Une ira faire les courses, l’autre s’occupera de m’aider à vérifier le voilier. Quelques aller retour en haut du mât plus tard je me dirige vers les douanes pendant que l’équipage range l’avitaillement.
J’ai posé une carte des Antilles sur la table du carré pour qu’ils puissent se familiariser avec la zone de navigation. Quand je reviens des douanes Monfreid est rangé et l’équipage m’attend dans le cockpit.
Alors que je m’apprête à remonter à bord, notre voisin nous met en garde sur le nombre collisions entre des voiliers et des baleines cette année. Il faudra être prudent, le pauvre homme à bien failli perdre son voilier après avoir percuté une baleine. Je me permet de caser les baleines dans le topo sécu en tant que « danger » pour faire passer un message clair à l’équipage. Les baleines sont majestueuses mais elles sont surtout dangereuses!
Il est 14h30 quand nous sommes enfin prêts à larguer les amarres. Pas de problème pour manœuvrer dans cette marina bien abritée du vent. Tous auront l’occasion de passer aux différents postes pendant cette première navigation en directions des anses d’Arlet. A 17h00, nous rentrons dans Grand-anse d’Arlet. Beaucoup de voiliers mais nous trouvons une place pour Monfreid sans problème. C’est un premier mouillage réussi! Belle plage, superbe vue, bonne ambiance et superbe coucher de soleil.

17 Janvier 2017 Grande anse d’Arlet, Martinique

C’est une grosse journée de navigation qui nous attend. 55 Miles nautiques nous séparent de la Dominique. Ce soir nous n’aurons plus internet, je me dépêche de prendre un maximum d’informations météo. Alizés plutôt modérés mais « humides » et le vent est orienté est-nord-est ce qui risque de nous obliger à naviguer au près dans le canal entre la Martinique et la Dominique. Nous quittons notre mouillage à 8h00 et rapidement le vent s’établit entre 18 et 20 nœuds. En effet la rade de Fort-de-France laisse passer les alizés, ce qui propulse Monfreid à 8 nœuds sur un plan d’eau presque plat. Quand nous entrons dans le canal, je rappelle à tous les consignes de sécurité et l’importance de la veille.
J’observe le ciel mais pas de grain menaçant pour le moment. J’ai bien serré la côte le long de la Martinique ce qui nous permet de naviguer au bon plein en route direct vers la Dominique. A cette allure Monfreid est particulièrement efficace et nous passons bien la longue houle du large qui s’engouffre dans le canal.
3h30 Plus tard la mer se calme et le vent commence à être perturbé par les premiers reliefs de la Dominique. Bientôt, j’allume le moteur et un « Boat-boy » vient nous accueillir, il nous place et me propose de m’emmener faire les formalités douanières. Rarement rencontrer un officier des douanes aussi sympathique qu’en Dominique. J’en profite pour faire une escale, météo, mails, rhum dans le premier bar équipé du wi-fi que je trouve. Quand je reviens à bord, la nuit tombe et je trouve mon équipage plein d’enthousiasme. Musique, apéro, préparation du repas tout le monde est comme chez lui.

18 Janvier 2017 Roseau, Dominique

Aujourd’hui nous nous dirigeons vers l’archipel des saintes. Longer la côte de la Dominique se révélera pas spécialement intéressant. Cependant je repère un grand et beau mouillage qui m’attire au nord de l’ile. Prince Rupert bay. Nous nous arrêterons sur le chemin du retour.
Le canal entre la Dominique et les l’archipel des Saintes et relativement court : 18 miles nautiques et la navigation se passe bien. Nous sommes heureux d’arriver suffisamment tôt dans l’archipel pour pouvoir naviguer a travers les iles. C’est splendide, les plus petites sont a taille humaine, leurs formes originales laissent apparaitre de jolis relief. La végétation est plus aride que sur les autres iles car les petites collines ne sont pas suffisamment hautes pour retenir les nuages. Je choisi finalement le plus grand mouillage devant le « bourg » car j’ai bien compris que tous souhaite pouvoir mettre le pied a terre et visiter le village. L’escale est agréable, nous dinons dans un restaurant sur la plage d’où je surveille Monfreid.

19 Janvier 2017 Les saintes

L’étape pour la journée est courte à peine 30 miles nautiques. Je décide de profiter un peu de l’archipel des saintes et nous tirons quelques bords à travers les différentes îles avant de nous diriger vers la côte ouest de la Guadeloupe. Ce matin la navigation est particulièrement paisible et je laisse plus d’autonomie à mon équipage quand au manœuvres. Nous déjeunons devant Pigeon Island, spot de plongée mythique faisant parti du Parc national Cousteau.
Quand nous entrons dans l’anse Deshaies, au nord de la Guadeloupe je trouve un mouillage encombré. Les meilleurs places sont toutes prises. Il faudra mouiller dans 14 mètres d’eau et nous sommes loin du ponton à annexes. Je laisse mes compagnons descendre à terre. Je préfère rester au bateau pour surveiller le mouillage en effet le vent des alizés passe par dessus les reliefs et descend avec des rafales sur le plan d’eau.
Vers 21h, le ciel s’assombrit et un violent grain vient perturber notre soirée. L’anémomètre affiche presque 40 nœuds et c’est sous une pluie battante que je suis obligé de remonter l’ancre qui dérape lentement. Il faudra s’y reprendre à plusieurs reprises pour la faire crocher correctement.
Le vent restera établi comme ça une bonne partie de la nuit. J’ai la désagréable sensation d’avoir été piégé comme un débutant! Mais je crois avoir réagis dans le calme, avec efficacité ce qui semble avoir rassuré mon équipage.

20 Janvier Anse Dehaies, Guadeloupe

Je suis bien content de quitté ce mouillage de bonne heure. Aujourd’hui nous faisons route vers Antigua! La destination finale de notre croisière. Tout le monde est excité, et nous rentrons directement dans le canal qui nous sépare d’Antigua. C’est le plus grand canal, 40 miles nautiques.
Je capte encore un peu internet ce qui me permet de récupérer les dernières informations météo. Nous mettons le cap sur English harbour ou je pourrai faire les formalités douanières. Après une heure de voile, j’entends le barreur crier « baleine! ». Pas de panique elles sont loin et leur route ne semble pas croiser la notre. Nous pouvons difficilement les apercevoir mais nous distinguons de temps en temps leur jets apparaitre entre deux vagues ce qui me permet de les surveiller. Nous entrons dans English harbour a 14h et mouillons directement dans l’avant port devant une superbe plage. A la douane je rencontre un navigateur solitaire français et je l’invite a diner a bord.
Ici tout semble très beau, bien entretenue, distingué. La marina d’English harbour est incroyable. Les amateurs de voiliers seront ravis! Wally, goélettes classiques, swann
se côtoient sur les luxueux pontons. La vue dans le cockpit depuis le mouillage dans l’avant port d’English Harbour est superbe.

21 Janvier English Harbour, Antigua

Ce matin la, il fait un temps magnifique. Alizés 15 – 17 nœuds, grand soleil et peu de nuages. En effet, Antigua est une île avec des reliefs relativement bas comparés aux autres iles des Antilles. Ici les nuages ne sont pas retenue par les collines. La végétation est aride mais il fait plus beau! Il y a 365 plages sur Antigua et les photos dans le guide ont l’aire superbes!
Je décide de partir explorer la cote sud et ouest de l’ile. La mer sur la cote est sera trop agité pour nous laisser entrer dans les mouillages.
Nous quittons English harbour accompagné de quelques voiliers du club local venu régater devant le port. Nous commençons par mouiller dans Pearns bay, devant les petits bungalows d’un luxueux hôtel. Nous sommes presque seul dans ce mouillage de rêve. L’eau autour d’antigua est complétement turquoise. Sa couleur est superbe et bien propre a cette île, elle est chargé de sédiment qui la rende trouble et turquoise.
Nous repartons après le déjeuner et je décide d’envoyer le spinnaker dans de telles conditions tout l’équipage est en plein bonheur. Après avoir tiré quelques bord et fait tourner tout le monde à la barre nous mettons le cap sur la petite crique de Deep bay.
Dernier bord sur un plan d’eau bien abrité de la houle du large, et nous voila arrivé a Deep bay. Quelques luxueuses villas surplombent la baie, il faut faire attention a l’épave en plein milieu de l’entrée de la baie. Nous retrouvons d’autres voilier dans ce mouillage bien abrité des alizés.

22 Janvier, Deep bay, Antigua

Quelle superbe matinée, Antigua est une île vraiment magnifique. Après une dernière baignade, je décide de prendre le petit déjeuner en longeant a côte ouest, en effet aujourd’hui marque le début de notre voyage retour vers la Martinique nous avons beaucoup de route jusqu au sud de la Guadeloupe. Nous voila parti sous génois seul pour nous donner le temps de petit déjeuner tranquillement.
Une heure plus tard, nous sommes dans le canal et les alizés semble bien établie 20/25 nœuds, ce qui propulse Monfreid entre 8 et 10 nœuds. L’angle des vagues et du vent est vraiment confortable et je sens Monfreid bien dans ses lignes, la barre est douce et le gréement ne fait pas d’effort excessif. Il n’y pas de grain a l’horizon, c’est une navigation fantastique, qui ravira tout l’équipage.
Il y a environ 60 miles nautiques entre Deep bay et petite anse en Guadeloupe. Monfreid effectuera cette distance en moins de 7h! c’est une crique vraiment agréable, et nous décidons d’aller profiter de la plage.
Nous embarquons dans l’annexe de quoi préparer un apéritif, et du matériel de snorckling.
A part quelques locaux venu profiter du spectacle, la plage est déserte, c’est un moment magique que nous
partageons, le soleil commence a tomber, la température est délicieuse, l’eau est presque trop chaude…Nous passerons plusieurs heures sur la plage avant de rejoindre Monfreid. Le mouillage est peu encombré et la nuit est claire. Bouygues télécom nous fait même profiter de son réseaux internet ce qui me permet de prendre la météo pour organiser la suite du voyage.

23 Janvier, Petite anse, Guadeloupe

Il y a seulement 20 miles nautiques qui sépare Petit anse de l’archipel des saintes. Les alizés semblent trop puissant pour tirer des bords jusqu’à Marie-galante. En effet arrivée a la pointe sud-ouest de la Guadeloupe un effet de site clairement visible sur le plan d’eau, donne une augmentation brutal du vent. Nous étalons des rafales a plus de 30 nœuds pendant une bonne demi heure. Rapidement, une fois la pointe passé il s’établit entre 20 et 25 nœuds avec quelques rafales mais sans grain. Je suis un peu déçu de ne pas pouvoir aller jusqu’à Marie Galante mais l’archipel des Saintes est fantastique et je suis excité à l’idée d’aller explorer d’autres iles. Il nous faudra 3 heures pour rejoindre l’ilet a Cabrit, ou nous prenons le dernier coffre disponible. Je décide d’entreprendre une balade pour monter sur le point culminant de l’ile. Nous trouvons les vestiges d’une vieille construction qui aura servi de fort, de prison et plus récemment de boite de nuit!
D’ici nous avons une superbe vue sur le mouillage principal des Saintes. Soudainement le ciel s’assombrit et rapidement nous sommes pris sous un véritable déluge. Il n’y a pas grand chose pour s’abriter et je me retrouve dans une ancienne geôle avec deux chèvres qui n’ont pas l’aire de particulièrement apprécier notre compagnie.
Un peu plus tard, le nuage passe et nous pouvons retourner au bateau. Le chemin du retour a bien changé et une simple paire de tongs ne semble plus vraiment adéquat pour marcher ici.
Une baignade plus tard et mon équipage est frais et disponible pour manœuvrer Monfreid. Il est 17h00 et le soleil a déjà commencer à tomber. C’est mon heure favorite pour naviguer, les couleurs sont incroyable et souvent les autres marins sont déjà rentrer à bon port ce qui nous laisse le plan d’eau pour nous tout seul. Après quelques manœuvres, nous jetons l’ancre devant la belle plage de Grand Ilet.
C est la partie sud de l’archipel par laquelle nous sommes arrivée en venant de Dominique mais ou nous n’avons pas pris le temps de nous arrêter.

24 Janvier, Grand ilet, Les saintes

Quand je me réveille, ce matin la, les autres voiliers qui étaient au mouillage avec nous la veille sont déjà parti. Quelle sensation magique de se réveiller sous le soleil des Antilles dans un mouillage désert.
Il y a moins de 25 miles nautiques pour rejoindre Prince Rupert Bay en Dominique. Nous avons donc largement le temps d’aller à la plage et se baigner une dernières fois dans cet archipel chargé d’histoire.
Un vrai bonheur! Aujourd’hui il faudra surveiller le ciel. La météo prévoie quelques grains et des alizés bien établis. Pas question de me faire surprendre. Je décide d’installer le solent à la place du génois par sécurité. Ce choix se révélera être le bon, à plusieurs reprises nous sommes pris sous une pluie battante, un vent refusant et de fortes rafales. Rien d’inquiétant pour Monfreid et son équipage. Je suis content de la cohésion de groupe et de l’ambiance générale qui reigne dans ce voilier. Un peu plus tard, nous entrons fièrement dans Prince Rupert Bay toutes voiles dehors.
Le vent a faibli en s’approchant de la côte sous le vent de la Dominique et le mouillage est gigantesque. Un dernier tour à la barre pour tout le monde et quelques virements de bord plus tard, un boat-boy vient à notre rencontre. J’aime beaucoup l’atmosphère de ce mouillage, la plage fait plusieurs kilomètres de long, elle est bordées de restaurants et bars, un vieux fort en haut d’une colline surplombe le mouillage. Je marchande quelques fruits pendant que le reste de l’équipage range le voilier. La nuit venue, nous débarquons en annexe sur la plage, il y a un ponton pour faciliter le débarquement et les restaurants de plages nous font vraiment envie.

25 Janvier, Prince Rupert bay, Dominic

1€50 la baguette c est plus cher qu’à Paris mais c’est le prix du service pour avoir du pain frais livré à bord le matin. Pas de problème pour la caisse de bord ni pour l’équipage, participer au développement de l’économie locale à mon échelle me semble normal et je dois dire que je ne comprend pas bien certain plaisanciers qui refusent systématiquement les services qu’on leur propose.
L’étape du jour est relativement longue. En effet 55 miles nautiques nous sépare de Saint-Pierre au nord de la Martinique.
Je quitte Prince rupert bay avec une l’envie de vite revenir. Nous descendons la côte ouest de la Dominique principalement au moteur et nous en profitions pour recharger nos instruments électroniques.
Le passage du canal Dominique/Martinique ne nous posera pas de problème, le solent est resté à poste et avec un ris dans la grand voile, Monfreid est à l’aise et file a toute allure vers la Martinique.
Nous croisons quelques voiliers qui font route inverse et rapidement nous sommes en vue du Mont pelé.
Nous irons mouiller au pied de celui devant la ville de Saint-Pierre. C’est un mouillage bien abrité des alizés mais une zone interdites nous oblige à mouiller sur des fonds en forte pente. Pas vraiment rassuré, je décide de rester à bord avec un équipier pendant que le reste de l’équipage part se balader en ville. A leur retour, je décide de mouiller un peu plus loin où j’espère trouver des fonds plus adaptés. La nuit est tranquille et nous dinons une dernière fois tous ensemble à bord.

26 Janvier, Saint Pierre, Martinique

Dernière navigation, en direction du Marin. D’abord au moteur jusqu’à l’entrée de la rade de Fort de France où nous retrouvons les alizés. Nous ferons une dernière pause dans l’autre anse d’Arlet. Le snorckling est superbe, il y a des tortues tout autour du bateau! Après le déjeuner nous dépassons le rocher du diamant sous solent et deux ris. Dernière navigation musclée, l’effet venturi de la passe du marin couplé avec un peu de courant contraire ne nous facilite pas la tâche. Nous sommes heureux d’embouquer le chenal de la marina vers 16h00 après une belle navigation à destination d’Antigua.
Une fois à quai nous nous dirigeons au Kokoarum pour débriefer notre périple et échanger nos photos. Je suis impatient de repartir à la découverte de ces îles, la côte au vent d’Antigua, Barbuda et Marie Galante seront au programmes pour le prochain!

Lire mon article sur ma croisière aux Grenadines.