Mon voyage aux Grenadines

Fevier 2017, Dufour 455, 7 personnes

2 Janvier 2017

Monfreid, un joli sloop de 13m50, rentre dans le port du Marin en Martinique après une traversée de l’Atlantique à la voile. Quelques jours plus tard, il s’apprête à partir pour une croisière aux antilles de deux semaines à destination de l’archipel des Grenadines en passant par l’ile de Sainte-Lucie et celle de Saint-Vincent.

Ces journées à la marina du Marin sont mises à profit pour préparer le bateau : changement des batteries, réparation des voiles, vidange du moteur. Le temps est beau, l’accueil chaleureux et l’ambiance locale est particulièrement agréable après une longue traversée vers les Antilles.

6 Janvier 2017 Marina du Marin,

L’équipage est réuni au complet dans le cockpit de Monfreid, tous sont des marins confirmés, mais aucun d’eux n’a jamais navigué aux Antilles. La journée est consacrée à l’avitaillement, l’inventaire, le briefing sécurité mais aussi la prise en main du voilier par l’équipage. A 16h, une fois les formalités de douane effectuées par le capitaine, le Monfreid est enfin prêt à manœuvrer et appareille pour la baie de Sainte-Anne.

Une fois le chenal d’entrée de la marina passé, la grand voile est hissée avec un ris et le génois déroulé a 80%. Il y a 21 nœuds de vent et quelques grains encombrent le ciel. Conditions normales pour les Antilles mais musclées pour ces marins pas encore amarinés. Le voilier est rapidement propulsé à plus de 8 nœuds, mais la barre reste douce dans ce plan d’eau protégé des vagues.

Il est 18h quand la nuit tombe, nous jetons l’ancre devant la ville de Sainte-Anne. Le mouillage est idéal bien que très encombré. Eaux peu profondes, immense espace, superbe plage et commodités faciles d’accès. Le voilier est rangé et le capitaine donnera un briefing pour la journée suivante autour d’un rhum. Ce soir, l’équipage restera à bord pour diner, le départ est prévu à 7h30 le lendemain. On attendra pour zouker.

7 Janvier 2017, Baie de sainte Anne

Il fait déjà chaud quand on sert le café sur Monfreid. Le prix de l’eau douceaux Antilles et surtout aux Grenadines nous impose d être particulièrement attentif à son utilisation. Ce n’est pas un problème pour l’équipage. En effet, ce matin, une baignade avec les tortues qui entourent le bateau fera l’affaire.

A 7h30 nous remontons l’ancre et une demi heure plus tard, après avoir évité les casiers de pécheurs qui bordent le mouillage de Sainte-Anne, la grand voile est hissée avec un ris et le génois partiellement déroulé. Nous mettons le cap sur Sainte-Lucie et attendons d’être complétement dans le canal pour mieux apprécier la force du vent établi. La météo est au beau avec des alizés modérés et peu de grains sont prévus pour la journée.

Le vent est légèrement orienté est-nord-est, ce qui permet à Monfreid de ne pas serrer le vent pendant le passage du canal. Cette première navigation vers les Grenadines permet au capitaine d’installer une routine de vie à bord, les tâches sont réparties entre les uns et les autres. Tenue du livre de bord, préparation des repas, quart de veille, quart de barre, tâches ménagères.

A 11h30, nous atteignons la côte ouest de Sainte-Lucie et le vent tombe soudainement. Après le déjeuner, nous poursuivons la route au moteur. Les 3 heures qui nous séparent du mouillage de « la Soufrière » nous permettent d’exécuter quelques manœuvres de sécurité et d’étudier en détail le patcioli, vieux guide de navigation aux Antilles. Vers 16h00, nous distinguons les deux pitons caractéristiques du mouillage de la Soufrière et nous sommes vite guidés par Terry, un « boat boy » local qui nous amène à notre bouée pour la nuit.

La fin de la journée sera partagée entre baignades, balade à terre accompagné par Terry, et autres formalités douanières pour le capitaine.

8 janvier 2017, La souffriere Sainte Lucie

Ce matin, les services de météo prévoient un affaiblissement progressif des alizés pour la fin de la semaine sur les Antilles. Le capitaine a donc décidé de profiter au maximum du vent prévu pour la journée.
Après une courte baignade nous saluons Terry qui est venu nous aider à la manœuvre et nous remercier du vin que nous lui avons offert. Les deux pitons rendent le vent « rafaleux » et nous sommes ravis d’embouquer le canal entre Sainte-Lucie et Saint-Vincent. Nous trouvons des alizés bien établis et toujours orientés est-nord-est.

Comme la veille nous filons vers les Grenadines entre 7 et 8 nœuds avec un ris dans la grand voile. Cette fois le génois est complétement déroulé mais nous resterons vigilant toute l’après midi pour éviter les quelques grains que nous croisons. La cote ouest de Saint Vincent est magnifique, sauvage, les nuages s’accrochent sur les reliefs couverts d’une jungle épaisse. Nous ne nous arrêterons pas aujourd’hui, car nous voulons atteindre l’ile de Bequia, porte d’entrée des Grenadines.
Le passage du second canal entre Saint-Vincent et Bequia est marqué par un violent grain qui nous oblige à manœuvrer pour réduire la voilure.

La vue sur la magnifique baie de Port-Elizabeth sur l’ile de Bequia nous récompense de cette longue journée de navigation.
Cette fois, le boat boy qui nous accueille tient à bout de bras deux énormes langoustes, quelques négociations et formalités douanières plus tard l’équipage se retrouve autour d’un festin.

La nuit tombe sur le petit village typique des Antilles qui borde le mouillage, un vieux voilier de croisières de luxe appareille toutes voiles dehors. Devant un tel spectacle et après une si belle journée, l’équipage savoure ce moment exceptionnel.
Nous voila arrivé aux Grenadines!

Ci dessous Monfreid étale le grain avant d’arriver à Bequia

9 janvier 2017, Bequia

Ce matin là, le temps est clair et le vent doux. Nous décidons de prendre le petit-déjeuner à terre. Il faudra faire deux voyages avec l’annexe pour débarquer tout l’équipage.
Nous nous installons dans un café où nous trouvons un accès internet. Les conditions météo sont confirmées, nous aurons un temps calme pour nous balader aux Grenadines. Météo particulièrement clémente pour les Antilles. La suite de la matinée est consacrée à la découverte du village et de son marché.
Nous en profitons pour monter sur les hauteurs de la ville apprécier la superbe vue. De retour sur Monfreid, tout le monde s’affaire, les uns au déjeuner, les autres à la manœuvre.
Le cap est mis sur l’ile de Canouan, célèbre pour la résistance de son peuple face aux envahisseurs européens. Nous croisons une autre ile célèbre, Moustique, connue; elle, pour pour ses riches locataires. Celle-ci nous protège de la houle du large rendant la navigation encore plus agréable. A 17h, nous entrons fièrement dans la grande baie de Charlestown.

Nous mouillons sur des fonds de sable de bonne tenue et remercions les boat boys dont nous n’aurons pas besoin aujourd’hui. Après une baignade nous débarquons à  terre en empruntant le joli ponton en bois du luxueux hôtel qui borde la plage.
De ce coté de ce petit ilot des Grenadines, pas beaucoup d’attractions et nous rentrons au bateau après avoir été diner dans un petit restaurant de plage parfaitement rustique mais sans aucun doute excellent.

10 Janvier 2017, Canouan

Il est 2h du matin quand le bateau se met à rouler. Rapidement ces mouvements réveillent l’équipage et le capitaine prend la décision de lever l’ancre pour aller remouiller plus à l’abri de la houle de nord qui s’est levée. C’est un phénomène dangereux et récurent aux Antilles qui aura surpris notre équipage pour sa première croisière dans la mer des Caraïbes. Au lever du soleil, c’est un équipage fatigué mais rassuré qui prépare Monfreid pour une nouvelle journée de voile.

Cette situation délicate aura aidé à souder le groupe pour le reste de la croisière. Une fois les voiles établies, la décision est prise de passer la journée aux Tobago Cays, joyaux des Grenadines connus pour leurs plages, leur faune, la barrière de corail et la préservation cet environnement vierge.

Quelques heures plus tard, nous sommes en vue des iles. Les passes pour s’approcher, ne sont pas balisées il faut donc être particulièrement vigilant pour éviter les récifs de corail.
Un boat boy nous accueille avec un « welcome to paradise » et nous décidons de prendre un des derniers coffres disponibles pour la nuit. Nous ne sommes pas seuls aux Tobago Cays, destination favorite des navigateurs aux Antilles. Après avoir payé la taxe aux rangers du parc naturel, nous organisons avec le boat boy un barbecue sur la plage avec les autres équipages.

Les Tobago Cays – quelques petits ilots protégés par une barrière de corail – forment un archipel dans l’archipel. On passe de l’un à l’autre pour se baigner dans des eaux magnifiques, observer les tortues ou encore profiter de la vue depuis le point culminant.
Pour finir, nous partageons le barbecue, langoustes, thon, espadon, et accompagnements locaux…Somptueux

11 janvier 2017, Tobago cays

A 8heures, nous sommes réveillés par les premiers boat boys qui proposent du pain frais aux plaisanciers. Après, un solide petit déjeuner, l’équipage du Monfreid se prépare pour la journée. Première escale prévue sur l’ile de Petit Tabac. Proche – elle est visible depuis les Tobago cays – et connue pour avoir accueilli le tournage du film Pirate des caraïbes. Nous profitons d’une météo clémente
et de l’absence de grain pour nous essayer au maniement du spinnaker. Quand nous arrivons à Petit Tabac l’ile est déserte, ici pas de voisins, pas de boat boy, pas de rangers.. Personne !
Nous mouillons Monfreid et débarquons en annexe sur la longue plage qui borde la face nord de l’ile. Une barrière de corail protège la plage de la houle ce qui rend les opérations plus aisées. Après le déjeuner, le cap est mis sur l’ile de Mayreau. Au nord de l’ile, un mouillage réputé pour ses paysages paradisiaques nous attend. Il ne faudra pas arriver trop tard si nous voulons trouver une bonne place dans ce petit mouillage fréquenté.

Nous mouillerons dans 2m 50 d’eau à 50 mètres de la plage dans un paysage de carte postale. Une fois à terre, il est impératif de trouver une connexion internet pour organiser la suite du voyage. L’équipage se scinde en deux groupes. Le premier ira chercher la météo et quelques produits frais pendant que le second en profite pour visiter le joli village perché dans les hauteurs. Nous dégusterons un rhum sur la terrasse d’un bar en admirant un superbe coucher de soleil sur la mer des Caraïbes. Ce soir, c’est le voilier du club Med qui prend son départ et depuis la terrasse, la vue est superbe. Quand nous redescendons, la nuit tombe et le mouillage de Salt Wistle bay semble se préparer à une longue soirée.
L’atmosphère dans ce village perdu n’aura laissé personne indifférent. Nous sommes conquis par les Grenadines et après le diner, certains n’hésiterons pas à retourner à terre pour profiter encore un peu de ce superbe mouillage.

 

Ci dessous l’ile de Petit Tabac vu du drone.

12 janvier 2017, Mayreau

Quel plaisir de pouvoir se dégourdir les jambes au petit matin dans un tel cadre ! L’ile de Mayreau abrite certainement les plus beaux paysages des petites Antilles. Nous décidons de lever l’ancre rapidement pour pouvoir profiter du mouillage de Winward bay. Au vent de l’ile, il est rarement accessible mais la météo encore clémente ce matin nous le permet. Plus grand, moins fréquenté, Windward bay ne cache pas son charme.

Un boat boy nous propose sa pêche mais nous refusons, nous voulons nous essayer nous-mêmes à la pêche à la traine pendant notre remontée vers la Martinique. Après une dernière baignade, nous partons toutes voiles dehors pour Saint-Vincent. Le vent s’est  à nouveau levé, avec 16-18 nœuds plein est, le ciel est clair. C’est une journée idéale pour naviguer. Et tout se passe sans encombre !! Nous dépassons le canal entre Saint-Vincent et Bequia sans le moindre grain et une fois sous le vent de saint Vincent, le vent tombe. En longeant la côte ouest de Saint-Vincent une dorade mord à notre traîne et une heure plus tard nous sommes en vue de Cumberland bay, tout en dégustant  du poisson frais.

Le boat boy qui nous accueille nous place gratuitement en échange de la tête du poisson. C’est une belle baie bien abritée, peu fréquentée des plaisanciers. Une fois à l’intérieur, on est entouré de reliefs couverts d’une végétation luxuriante. On ressent les efforts fait par ceux qui nous accueillent pour nous faire apprécier cette escale un peu perdue. La mauvaise réputation de l’ile détourne le gros du trafic de plaisanciers, qui,pour la plupart, évitent cette ile sur la route des Grenadines en raison de sa réputation de violence. Pour nous aucun problème, nous dînons dans un restaurant de plage plutôt rustique mais la nourriture est bonnr et l’ambiance agréable. Nous discutons avec les quelques équipages venus faire escale ici.

Leur enthousiasme et leurs récits finissent par nous enchanter, si bien que cette étape sera un très bon souvenir. .

13 janvier 2017, Cumberland bay à Saint-Vincent

Décidément, la météo est avec nous. Ce matin, le wifi du restaurant que nous captons depuis le cockpit de Monfreid nous donne de bonnes nouvelles. Encore du soleil et des alizés modérés. Nous remercions le boat boy qui largue notre amarre attachée à un palmier sur la plage.

Nous commençons notre remontée au moteur, abrités du vent par les hauts reliefs de Saint-Vincent et admirons la magnifique côte sous le vent de l’ile. Reliefs accidentés, paysages sauvages, végétation luxuriante, cette côte sera la préférée de l’équipage. Le canal entre Saint-Vincent et Sainte-lucie sera le plus agité, et le courant nous force à serrer le vent.

Nous repassons vers 15h00 devant les deux pitons de Sainte-Lucie et remercions les boat boys à l’affut. Nous entrons dans la baie de Marigot à 17h00, et le contraste est fort avec les paysages authentiques que nous venons de quitter, plus modernes et moins sauvages.

On peut facilement ressentir l’impact du tourisme sur la baie. Bureau des douanes pour le capitaine et balade pour le reste de l’équipage. Tous se retrouvent autour d’un verre dans le bar qui borde la baie. Nous trouvons ici des touristes qui ne sont pas venus en bateau pour la première fois depuis notre départ.
C’est l’occasion pour l’équipage de débriefer cette formidable semaine de voile.

14 janvier 2017, Marigot Bay

Ce matin, c’est le retour. Nous profitons une derrière fois de l’ile pour amortir les frais de douanes ! La navigation en direction de la Martinique est courte mais sportive. En effet, le canal nous réserve une mer formée et un vent soutenu. Son orientation nous permet de caper directement vers la marina du Marin.

Peu avant notre approche sur le mouillage de Sainte-Anne qui précède la marina du Marin,
nous rencontrons un banc de dauphins qui nous accompagnera jusqu en Martinique. La grand voile est affalée a 16h00 et nous atterissons à la pompe à essence de la marina a 16h20 après 11 jours de navigation sur la route des grenadines.

Fantastique croisière!

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Ma vidéo sur mon voyage aux antilles